Pénalité manuelle pour Softonic

Fin mai, le géant de la recommandation de logiciel fondé un an avant Google en 1997 par Tomas Diago, s’est vu attribué une lourde sanction par Google. Suite à de multiples pénalités algorithmiques et à ses tours de passe-passe pour les contourner, Google a pénalisé manuellement le site ; la pire des actions pour un pure player.

Tout commence avec l’arrivée de Panda en 2011. En quelques mois, l’algorithme référence sur la qualité du contenu est mis à jour plus d’une dizaine de fois ; en avril 2012, Panda 14 est déployée. Softonic multiplie alors par deux son trafic et son positionnement avant une remise à niveau en juillet 2012 avec Panda 2016.

S’en suit une longue descente aux enfers jusqu’au mois de mai 2016 où les Google Quality Raters décident enfin de pénaliser Softonic pour ses pratiques à l’encontre des guidelines officielles.

Pourquoi Softonic a été pénalisé par Google ?

La cause principale de la pénalité de Google réside dans la stratégie SEO de Softonic basée presque exclusivement sur les doorway pages. Softonic a créé des millions de pages satellites (une par version de logiciel – environ 12 millions dans l’index de Google.fr en janvier) et les a toute indexées sans contenu unique. Seuls les titles et hn changeaient dynamiquement en fonction du logiciel.

Le site a d’abord été pénalisé algorithmiquement a de nombreuses reprises sans chute majeure. La société barcelonaise a cependant été forcée de se séparer de la moitié de ses effectifs en 2014 et devra sans doute poursuivre sa réorganisation et repousser l’entrée en bourse prévue sur le NASDAQ.

Pour contrer les pénalités algorithmiques, la société a finalement choisi en 2015 (mars pour l’Allemagne et Juin pour la France) d’utiliser une astuce plutôt que de revoir la qualité du contenu de ses pages. Pour récupérer son positionnement, Softonic a redirigé ses ccTLD en perte de positionnement en sous-domaines du domaine principal ce qui lui a permis de se remettre a flot pendant 1 an ; le site a même été élu « Site avec la plus forte croissance en visibilité » par Search Metrics en 2015.

Ne voyant aucune modification de la qualité du contenu, Google a finalement décidé de pénaliser le site sur l’ensemble des langues et l’ensemble de ses domaines. Un séisme pour l’Espagne et le secteur de la recommandation de logiciels.

Résultat de la pénalité

Comme le montre les case studies SEO publiés sur Webmarketing & co’m entre janvier et juin, Softonic a perdu en moyenne 50% de son positionnement dans les deux premières pages et la totalité des pages /telecharger ont été désindexées.

Aujourd’hui, le site ne semble résister qu’aux Etats-Unis. Le positionnement est toujours stable malgré une perte en janvier. Le pays de l’Oncle Sam est en outre le plus représenté d’après SimilarWeb dans le trafic du site.

Positionnement de Softonic dans les SERPs de Google d'après Softonic

Positionnement de Softonic dans les SERPs de Google d’après Softonic – SEMrush

Répartition du trafic du site de Softonic d'après SimilarWeb

Répartition du trafic du site de Softonic d’après SimilarWeb

Le trafic de Softonic depuis la pénalité manuelle

Depuis sa pénalité, Softonic a procédé à la redirection de softonic.it vers it.softonic.com et se dirige vers une uniformisation de sa stratégie. Sortir un seul site d’une pénalité est bien plus simple que d’en sortir 12. Aujourd’hui, seuls le Portugal, la Pologne et le Japon restent en ccTLDs car moins affectés par la décision des Quality Raters (ou alors pas encore évalué).

Trafic de Softonic sur softonic.com

Trafic de Softonic sur softonic.com – SimilarWeb

Trafic de Softonic en Italie

Trafic de Softonic en Italie – SimilarWeb

Trafic de Softonic au Japon

Trafic de Softonic au Japon – SimilarWeb

Trafic de Softonic en Pologne

Trafic de Softonic en Pologne – SimilarWeb

Trafic de Softonic au Portugal

Trafic de Softonic au Portugal – SimilarWeb

Les différentes évolutions du trafic répertoriées montrent la subite redirection de softonic.it. Les autres domaines n’ont pas encore été touchées avec la même sévérité d’où leur maintien temporaire.

Affaire à suivre donc !