Portrait de Dorothée, cheffe d’orchestre du digital chez Digitalkeys

par | 8 Jan 2026

Dorothée Collignon, Directrice Générale de l'agence Digitalkeys

Nouvelle année, nouvelle destination ! Pour ce premier portrait de 2026, direction Bordeaux pour une rencontre au sommet. C’est ici que nous retrouvons celle qui tient aujourd’hui les rênes de la stratégie globale de l’agence à travers ses trois bureaux : Paris, Saint-Nazaire et Bordeaux.

Dorothée, c’est la force tranquille de Digitalkeys. Avec un parcours riche côté annonceur et une vision très « terre à terre » du métier, elle dirige l’agence avec une conviction simple : pas de bla-bla, de la performance et de l’humain. Celle qui se définit comme une « hybride » du marketing nous partage sa vision du leadership, sa chasse aux faux-semblants et pourquoi, pour elle, rire est une question de survie professionnelle.

Pour commencer, un petit coup d’œil dans le rétro : quel chemin t’a menée jusqu’à la direction de Digitalkeys ?

Mon parcours est assez atypique pour une directrice d’agence, car j’ai passé la majeure partie de ma carrière de l’autre côté de la barrière !

Tout a commencé au début des années 2000. Mon premier job, c’était cheffe de produit marketing direct chez Oxibul, anciennement FNAC éveil et jeux, en région parisienne. Et honnêtement, le contexte était hyper enthousiasmant. L’entreprise amorçait le gros virage web. Les commandes, autrefois exclusivement réalisées via des catalogues papier, ont commencé à massivement se faire en ligne. C’était vraiment la révolution.

De là, on a créé une enseigne multicanal : magasins, web et catalogue. L’univers du jouet, c’est magique — on baignait dans ce « monde du bonheur », vous voyez ? J’adorais ça. L’aventure a duré 7 ans et a été passionnante. Quand je suis partie, je gérais tous les catalogues d’un point de vue acquisition et CRM. J’étais devenue responsable de marketing.

Ensuite, après avoir eu ma fille, j’ai eu l’envie de revenir dans ma région natale : Bordeaux. J’ai rejoint le groupe Pichet, un promoteur immobilier, et j’ai participé à la création du service digital marketing de toutes pièces. J’ai quasiment dû redémarrrer de zéro, post bébé oblige, comme beaucoup de femmes d’ailleurs.

Au cours des années, je suis passée de cheffe de produit à responsable média et CRM. À l’époque, le groupe n’alimentait ses forces de vente que par une bulle de vente très classique. Pendant 7 années sympas, on a construit pour chacune des filiales des spécificités assez uniques en termes d’acquisition et de CRM. C’était du vrai travail stratégique.

Mais à un moment, j’ai eu envie de me challenger à nouveau. Je me suis lancée dans une start-up parisienne : Habiteo, spécialiste de l’immobilier neuf en phase de croissance forte. Deux ans intenses, avec un rythme alternant télétravail et présentiel entre Paris et Bordeaux. Un fonctionnement qui m’a peu à peu déstabilisée. Je ne savais plus où j’habitais !

Sans surprise, j’ai eu envie de me réancrer à Bordeaux, de me poser. Et cette fois, j’ai fait un passage d’un an et demi dans une agence : Actiplay.

Et puis en 2019, j’ai rencontré Thierry Decroix au cours d’un déjeuner et l’évidence s’est imposée : on allait bosser ensemble ! Ce qui s’est concrétisé dans les mois qui ont suivi.

Tout d’abord, j’ai mis en place le pôle CRM qui n’existait pas. Ensuite, j’ai monté le bureau bordelais de zéro. Et en 2023, j’ai pris la direction des 3 bureaux : Paris, Saint-Nazaire et Bordeaux. C’est à ce moment-là que tout s’est cristallisé.

Tu as donc longtemps été « cliente » avant d’être « agence ». En quoi cela change-t-il ta façon d’aborder les projets ?

C’est ma plus grande force. Je ne crois pas au hasard : avoir été chez l’annonceur me donne une vision hybride.
Je connais les contraintes internes, les doutes et les objectifs réels des clients, parce que j’ai été à leur place. Cela me permet d’avoir une écoute différente, plus empathique. Je ne suis pas là pour vendre du rêve, mais pour aligner nos compétences avec leurs réalités opérationnelles. C’est une traduction simultanée permanente entre l’envie et la faisabilité.

On sent chez toi une volonté de casser les codes parfois un peu rigides du marketing. Qu’est-ce qui t’agace le plus dans ce métier ?

Les faux-semblants ! Je ne supporte pas le vocabulaire pompeux ou les attitudes alambiquées qui servent souvent à masquer un vide. Si on ne se comprend pas, on ne peut pas avancer.

Et puis il y a certains clients qui ont une posture un peu sur la défensive. Ça se traduit par un manque de transparence sur leurs objectifs, leur ambition. Du coup, ça peut nuire à la bonne réalisation des projets qu’on mène ensemble.

Je prône un management de la transparence totale. Une agence ne doit pas être un simple prestataire qui exécute, mais un vrai partenaire business qui ose dire les choses, même quand ça gratte. C’est pour ça que je tiens à rester dans l’opérationnel malgré ma casquette de DG : pour garder les pieds dans la réalité des dossiers et aider les clients à trouver les vraies solutions.

Selon toi, quelle place devrait avoir la stratégie digitale dans une entreprise aujourd’hui ?

Elle est devenue incontournable ! Le digital est utilisé à plusieurs niveaux dans quasiment tous les corps de métier, même si les gens ne s’en rendent pas toujours compte.

Ça vient en soutien d’une activité, aussi petite soit-elle, et ça participe à la croissance d’une entreprise, surtout dans le pur e-commerce. Au démarrage du web, la place était peu importante car il existait d’autres solutions pour commercialiser des produits ou des services. Mais depuis quelques années, elle est devenue indispensable.

Cela dit, après une période de mass market, elle est devenue plus affûtée, plus précise — le prix des campagnes digitales est devenu assez conséquent. Si on parle de e-commerce pur, elle est centrale bien sûr, mais la logistique l’est tout autant. En fait, il faut une adéquation entre le produit, le prix, le positionnement et la place. Les 4 P ! Rien ne remplace les fondamentaux du marketing.

Si tu avais une formule magique, un mantra qui guide tes journées, ce serait lequel ?

Je la répète 822 fois par jour cette phrase : « Une journée sans rire est une journée perdue. »

C’est viscéral chez moi. On peut travailler sérieusement sans se prendre au sérieux. Si je rentre le soir sans avoir ri, j’ai l’impression qu’il a manqué quelque chose d’essentiel. C’est ce carburant qui me fait me lever le matin : les gens, les échanges, la vie d’équipe.

Avec l’arrivée massive de l’IA, comment vois-tu l’avenir de la relation marque-agence ?

C’est bizarre, mais je n’ai pas peur de la vague IA. C’est un outil et je crois en l’intelligence de l’humain.

Effectivement, on automatise beaucoup de choses sur l’opérationnel, sur la production de contenu, sur la façon de réaliser une stratégie ou comment programmer une campagne Google. Elle va clairement nous simplifier des tâches n’ayant pas beaucoup de valeur intellectuelle et nous faire gagner du temps.

Ce gain va nous permettre de nous focaliser sur l’accompagnement client. Pour autant et malgré mon optimisme, cette avancée risque de nous mettre dans le rouge car n’ayant plus de tâches simples à effectuer, nous serons toujours en quête de nouvelles stratégies — et cette quête peut se révéler fatiguante. Mais comme toute révolution, on s’adaptera et on organisera une nouvelle façon de travailler.

Si tu avais une boule de cristal, que verrais-tu pour Digitalkeys dans les prochaines années ?

Je n’aime pas les plans strat à 10 ans, c’est un point de vue qui ferme à toute évolution et nos métiers sont basés sur l’évolution, l’adaptation. On le voit bien. Il y a trois ans, on n’aurait jamais pensé faire tout ce qu’on fait aujourd’hui en termes d’automatisation, de remise en cause de nos process, etc. Et du coup, je trouve que les gens qui réfléchissent à 10 ans se ferment beaucoup de portes.

Ma vision à long terme dans 10 ans, c’est que ma boîte soit toujours là, qu’on continue à accompagner nos clients de manière satisfaisante, que ceux-ci nous rechallengent comme ils le font depuis longtemps. C’est sans doute idiot de dire, mais moi, ce que j’aime, je le répète, c’est rendre les gens heureux. Et ce n’est pas trop inscrit dans un plan strat.

Pourtant, on ne gère que des humains aujourd’hui, finalement. Donc si tu n’as pas de gens heureux, tu n’as pas de comptes heureux, tu n’as pas d’accompagnement heureux, tu n’as pas la réussite heureuse ou l’échec constructif.

Pour finir, si tu devais résumer l’ADN de Digitalkeys en trois mots ?

Ambition, parce qu’on a toujours l’ambition d’être vraiment dans la progression. Je ne dis pas qu’on y arrive à 100%, on fait des erreurs aussi, mais on a toujours l’ambition d’atteindre un objectif.

Ensuite je dirais Synergie, qui va bien avec collectif, parce que je trouve que depuis deux ans, elle nous permet de gagner nos lettres de noblesse et constitue toute l’intelligence de Digitalkeys.

Et troisième mot pour décrire Digitalkeys, alors je pourrais aller jouer du côté des IA, mais je n’ai pas envie, je dirais Souplesse : on s’adapte, on n’a pas peur ! D’ailleurs il est un fait que Digitalkeys s’adapte à tous les types de persona, il suffit de regarder nos comptes client !


Une main ferme sur la stratégie, un œil rieur sur le quotidien : c’est tout le paradoxe — et la force — de la méthode Dorothée. En plaçant l’humain et la transparence au-dessus des postures, elle prouve que l’on peut diriger une agence en pleine croissance sans jamais perdre son authenticité. Avec une telle capitaine à la barre, 2026 s’annonce sous le signe de la performance.

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